Déclarer ou non un enfant majeur : un choix fiscal à mesurer avec précision
Un choix déterminant pour le calcul de l’impôt du foyer
Lorsqu’un enfant commence à percevoir ses premiers revenus – qu’il s’agisse d’un stage, d’un apprentissage, ou d’un emploi étudiant – se pose la question de son rattachement au foyer fiscal.
Ce choix, souvent négligé, peut pourtant modifier sensiblement le montant de l’impôt sur le revenu du foyer.
Doit-on rattacher l’enfant à la déclaration des parents pour continuer à bénéficier du quotient familial, ou l’inviter à déclarer ses revenus séparément ? La réponse dépend de son âge, de sa situation, et surtout du niveau de ses revenus.
1. Jusqu’à quel âge un enfant peut-il être rattaché au foyer fiscal ?
Le principe général est simple :
Un enfant mineur (moins de 18 ans au 1ᵉʳ janvier de l’année d’imposition) est automatiquement rattaché au foyer fiscal de ses parents.
Un enfant majeur peut demander à être rattaché volontairement, sous certaines conditions :
s’il a moins de 21 ans, sans condition d’activité ;
ou moins de 25 ans, à condition de poursuivre des études au 1ᵉʳ janvier de l’année d’imposition.
Ce rattachement n’est pas automatique : il suppose une demande expresse formulée chaque année dans la déclaration d’impôt, avec l’accord de l’enfant majeur.
En dehors de ces cas, l’enfant doit déposer sa propre déclaration et devient fiscalement indépendant.
2. Les effets du rattachement sur le calcul de l’impôt
Le rattachement procure un avantage de quotient familial.
Mais si l’enfant perçoit des revenus imposables (rémunération d’alternance, stage, CDD étudiant…), ceux-ci s’ajoutent au revenu global du foyer et peuvent, dans certains cas, faire basculer le ménage dans une tranche d’imposition supérieure, d'où la question posée.
3. Les cas particuliers des étudiants, stagiaires et apprentis
Tous les revenus perçus par les jeunes ne sont pas imposables :
Apprentis : les salaires sont exonérés d’impôt jusqu’à 21 621 € par an en 2024 (SMIC annuel). Au-delà, seule la fraction excédentaire est imposée.
Stagiaires : l’indemnité de stage est exonérée dans la limite de 5 406 € par an, équivalente à trois SMIC mensuels.
Étudiants salariés : leurs revenus issus d’un emploi exercé en parallèle de leurs études sont exonérés jusqu’à 5 406 € par an, également.
Dans ces situations, le rattachement reste souvent avantageux : l’enfant ne génère pas ou peu d’impôt supplémentaire, tout en procurant aux parents une demi-part additionnelle.
4. Quand vaut-il mieux déclarer séparément ?
Lorsque l’enfant perçoit des revenus importants (emploi en CDI, alternance bien rémunérée, ou année de césure à plein temps), il peut devenir plus avantageux qu’il dépose sa propre déclaration.
En effet, la progressivité du barème fait que les premiers euros de revenus bénéficient des tranches basses (0 %, 11 %), alors que ces mêmes revenus, intégrés dans le foyer parental, seraient imposés dans les tranches hautes (30 % ou 41 %).
5. Une décision réversible, mais à réexaminer chaque année
Le choix du rattachement n’est pas irrévocable : il est effectué chaque année, en fonction de la situation et des revenus de l’enfant.
Un enfant peut être rattaché une année, puis déposer sa propre déclaration l’année suivante, sans formalité particulière.
En conclusion : un arbitrage fiscal à adapter chaque année
Le rattachement d’un enfant majeur au foyer fiscal n’est pas toujours synonyme d’économie d’impôt.
S’il reste pertinent pour les étudiants et les apprentis percevant peu de revenus, il devient souvent défavorable dès que l’enfant commence à gagner sa vie de manière significative.
Le bon réflexe consiste à simuler les deux situations : avec et sans rattachement.
Une vérification annuelle avec son expert-comptable permet d’optimiser la fiscalité familiale tout en assurant une répartition équitable des charges et des droits.